Depuis quelques temps, j'avais envie de tester les livres lus (cd audio), histoire de profiter de mes trajets en voiture pour découvrir des bouquins que je n'ai jamais pris le temps de lire - ma vitesse de lecture s'approchant d'un rythme tortuesque.
Après un Mary Higgins Clark très facile d'écoute en voiture (limite agaçant en fait), je me suis attaquée à quelque chose plus contraignant (en voiture toujours) au niveau de l'attention, mais beaucoup plus plaisant, plus euphorisant et plus nourrissant.
La vie devant soi est un classique de Romain Gary. Il y conte l'histoire de Momo - un adolescent d'origine arabe - en pension chez Madame Rosa, vielle juive accueillant des enfants de protituées. C'est une histoire touchante, voire bouleversante (très très loin d'être niaise, comme j'ai pu le lire dans certaines critiques).
Toutefois, le côté euphorisant dont j'ai parlé plus haut m'a été apporté par l'écriture. Un gamin qui parle "mal" diraient certains. Moi, je dis que l'air de rien, le langage de Momo détourne tout un tas de règles linguistiques (syntaxiques, sémantiques, stylistiques,...). Loin de simples jeux de mots tournant autour du vocabulaire, Romain Gary jongle avec toutes les règles, les habitudes de langage du français.
Juste un petit extrait, pour vous donner un très très bref aperçu de ce qui m'a tant enthousiasmée le temps de quelques heures d'écoute :
"Pour se piquer, il faut vraiment chercher à être heureux et il n'y a que les rois des cons qui ont des idées pareilles. (...) Mais je tiens pas tellement à être heureux, je préfère encore la vie. Le bonheur, c'est une belle ordure et une peau de vache et il faudrait lui apprendre à vivre."
Bavardages