Depuis quelques temps, j'avais envie de tester les livres lus (cd audio), histoire de profiter de mes trajets en voiture pour découvrir des bouquins que je n'ai jamais pris le temps de lire - ma vitesse de lecture s'approchant d'un rythme tortuesque.
Après un Mary Higgins Clark très facile d'écoute en voiture (limite agaçant en fait), je me suis attaquée à quelque chose plus contraignant (en voiture toujours) au niveau de l'attention, mais beaucoup plus plaisant, plus euphorisant et plus nourrissant.
La vie devant soi est un classique de Romain Gary. Il y conte l'histoire de Momo - un adolescent d'origine arabe - en pension chez Madame Rosa, vielle juive accueillant des enfants de protituées. C'est une histoire touchante, voire bouleversante (très très loin d'être niaise, comme j'ai pu le lire dans certaines critiques).
Toutefois, le côté euphorisant dont j'ai parlé plus haut m'a été apporté par l'écriture. Un gamin qui parle "mal" diraient certains. Moi, je dis que l'air de rien, le langage de Momo détourne tout un tas de règles linguistiques (syntaxiques, sémantiques, stylistiques,...). Loin de simples jeux de mots tournant autour du vocabulaire, Romain Gary jongle avec toutes les règles, les habitudes de langage du français.
Juste un petit extrait, pour vous donner un très très bref aperçu de ce qui m'a tant enthousiasmée le temps de quelques heures d'écoute :
"Pour se piquer, il faut vraiment chercher à être heureux et il n'y a que les rois des cons qui ont des idées pareilles. (...) Mais je tiens pas tellement à être heureux, je préfère encore la vie. Le bonheur, c'est une belle ordure et une peau de vache et il faudrait lui apprendre à vivre."
Alors, c'est pas un roman, c'est une nouvelle. Mais elle m'a pris autant de temps à lire qu'un roman... je l'ai lue en anglais ! Ceux qui me connaissent savent à quel point c'est un exploit pour moi. Mais là où je suis fière, c'est que je l'ai lue avec plaisir. Il faut dire aussi que je n'avais pas choisi un sombre auteur anglais du XVIIIe... Mary Higgins Clark, c'est synonyme pour moi de lecture facile (en français en tout cas), suspens, histoire intriguante. Donc, là, il y avait tout ça dans cette nouvelle. Une femme se fait enlever à une réunion d'anciens élèves par (justement) un ancien "camarade". J'ai pas grand chose à en dire étant donné que je ne dois pas dévoiler la fin. J'ai beaucoup apprécié cette lecture, mais ça aurait peut-être été un peu moins le cas en français ; car c'est un suspens très traditionnel en fait.
Bisous bisous : laissez-vous embrasser par les histoires de Roal Dahl !
D'Amélie Nothomb, je ne connaissais qu'Hygiène de l'assassin. Celui-ci était donc son premier roman "pseudo-bigraphique" que je lisais. Ben, elle serait pas un peu mégalo quand même, la dame ??? Ok, c'est une banalité que je dis là, mais quand même, faut aimer ce genre d'écriture nombriliste... J'ai quand même réussi à oublier l'écriture après quelques dizaine de pages, pour mieux rentrer dans l'histoire. Bilan : pas si mal que ça, mais faut pas être réfractaire au style.
Grande surprise pour moi. Au départ, quelques a priori à cause du tapage médiatique qu'il a fait (en présentoir dans toutes les "Maisons de la Presse" : c'est vraiment pas ce qui me fait envie d'habitude)... Mais une bonne âme me l'a "vivement conseillé" dirons nous. Et bien quelle surprise, disais-je ! Dany dirait : "y'a qu'les imbéciles qui changent pas d'avis !".


Bavardages